Groupe Objets révolutionnaires

 

« Le Gouvernement informe tous les citoyens usagers que les défauts et incongruités de
certains objets, ustensiles, machines et installations, par abréviation OUMIS, qui se sont révélés
dernièrement plus nombreux, sont en train d’être minutieusement étudiés par la commission
nommée, laquelle bénéficie à présent de la collaboration d’un parapsychologue. Les citoyens
usagers doivent refuser la rumeur, l’agitation, la manipulation. Ils doivent rester sereins, même
s’il arrive que les dits OUMIS (objets, ustensiles, machines ou installations) disparaissent. La
vigilance la plus rigoureuse est demandée. Aucun OUMI (objets, ustensiles, machines ou
installations) ne doit, à l’avenir, être traité avec négligence. Le gouvernement considère qu’il est
indispensable de surprendre n’importe quel OUMI (objets, ustensiles, machines ou
installations), à l’instant de sa disparition.
(...) Nous savons tous qu’il y a eu des crises de comportement. Des erreurs de fabrication, une
mauvaise planification, une pression insuffisante, des manques de matière première. Et on a
toujours fini par trouver une solution.
Une voisine rappela : « Mais il n’y a jamais eu de crise aussi grave et qui ait duré si longtemps.
Où allons-nous nous arrêter si les OUMIS continuent de la sorte ? »
Extrait de « Les Choses » du livre “Quasi objets”
José Saramago, 1978-1990

Le Groupe des Objets Révolutionnaires s’est constitué pour accueillir une série d’expérimentations autours des objets à comportement - axe de recherche développé au sein du laboratoire EnsadLab de l’École des Arts Décoratifs de Paris. Constitué de trois entités humaines (Filipe Païs, Olivain Porry et Julie Brugier) et d’une multitude d’objets récupérés, GOR produit des manifestations de plusieurs sortes : expositions, workshops, performances dans l’espace public, vidéos, etc. Il dénonce avec dérision l’obsolescence programmée des objets, leur entassement de plus en plus massif dans nos quotidiens, et le gaspillage incessant de nos matières premières. Ainsi, chaque manifestation donne la parole aux objets, renversant notre point de vue sur les choses et laissant place à l’expression de nos productions matérielles en excès.